Glossaire

Asiatiquetage

Mot-valise qui permet d’appréhender l’un des aspects du racisme anti-Asiatiques (c’est le fameux « Vous vous ressemblez tou.te.s »). Il s’agit du fait d’être perçu.e (étiqueté.e) comme asiatique selon certains critères physiques : posséder une certaine forme d’yeux, une certaine forme de visage, avoir des cheveux noirs et lisses, etc.

Dans l’inconscient collectif, être asiatiqueté.e revient également au fait d’être perçu.e comme chinois.e. ( là encore car « Vous vous ressemblez tou.te.s »). Certaines personnes asiatiques en France ne sont pas ‘asiatiquetées’ en raison de l’histoire coloniale française. Par exemple, les personnes originaires d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh et des pays d’Asie du Sud et d’Ouest ne sont pas toujours perçues comme asiatiques en France mais sont considérées ‘Asians’ au Royaume-Uni.

Le mot ‘asiatiquetage’ a été diffusé par le #Jenesuispasunvirus au début de la crise sanitaire du Covid-19. Les Asiatiques ont été nombreu.x.ses à être confronté.e.s au racisme anti-Asiatiques suite à la propagation du virus. Ce terme avait aussi été évoqué au cours des échanges entre membres du collectif asioféministe Sokhanyæ qui fut créé courant 2017.

Fétichisation

Processus qui consiste à chosifier une personne en fonction d’un critère choisi arbitrairement (origine, physique, culture, religion, etc.) en l’assimilant à un groupe sur lequel sont projetés un ensemble de clichés et de stéréotypes sexuels et intimes. Une personne fétichisée n’est alors plus considérée comme un individu à part entière mais comme un objet interchangeable à finalité sexuelle au sein d’un groupe fantasmé. Par exemple, la « yellow fever » fétichise les femmes asiatiques en les considérant comme douces, soumises ou dominatrices, souples ou contorsionnistes, sachant faire des massages, la cuisine…

Yellow fever

« Fièvre jaune » en français. Processus de fétichisation des femmes asiatiques, cette expression désigne un phénomène social qui touche principalement les hommes blancs qui désirent avant tout sortir avec des femmes asiatiques. Un bon exemple d’homme français atteint de ‘yellow fever’ est Yann Moix.

Racisme

Système qui met en jeu des structures de dominations construites socialement et historiquement. Les mécanismes du racisme comme système peuvent être :
– une différence de traitement fondée sur un critère arbitraire (couleur de peau, religion, culture, etc.) perçu comme négatif ou positif sans fondement rationnel.
– une généralisation et des amalgames: un individu n’est plus considéré pour ce qu’il est mais comme le représentant du groupe ou de la communauté à laquelle on suppose qu’il appartient.

Les manifestations du racisme balayent un large spectre allant des micro-agressions, compliments racistes, remarques essentialisantes, commentaires réducteurs, insultes et violences verbales, gestes et violences physiques. Elles peuvent émaner des individus et/ou des institutions.

L’élément moral est inopérant dans le racisme : vous pouvez tenir des propos racistes sans en avoir l’intention. Ce qui constitue le racisme sont ses conséquences déshumanisantes, réductrices, fausses pour les personnes qui en sont la cible.

Le mot ‘race’

Il n’existe pas de ‘race’ au sens biologique applicable aux humains. Construction sociale, juridique et politique, le mot ‘race’ a servi à légitimer des rapports de pouvoirs et d’oppressions (esclavage, colonisation) entre des peuples dominants et des peuples dominés. La race reste aujourd’hui une construction sociale qui a des effets dans plusieurs domaines que ce soit dans les rapports sociaux, l’imaginaire collectif ou les relations intimes, mais aussi en ce qui concerne l’accès aux ressources matérielles et économiques (emploi, logement, etc.).

Racisé-es

Ce terme exprime le processus par lequel des personnes sont altérisé.es (perçu.es comme ‘autres’), stigmatisé.es, opprimé.es en raison d’un critère choisi de manière arbitraire. Ces critères peuvent être physiques, religieux, culturel, etc. Ce processus que l’on appelle aussi ‘racisation’ ou ‘racialisation’ n’est pas une catégorie figée mais un phénomène mouvant et changeant à la fois dans l’espace et le temps. Le terme « racisé » a été conceptualisé en sociologie française par Colette Guillaumin, marquant le début des études des rapports sociaux de race en France (« Un aspect de l’altérité sociale. L’idéologie raciste » (1969)).

Jaune(s)

Ce terme a été employé dans la classification des êtres vivants mise en place par le naturaliste suédois Carl Von Linné en 1735. En 1795, l’anatomiste allemand Johann Friedrich Blumenbach le reprend dans son schéma à 5 races. La race jaune sert à désigner les Asiatiques d’Asie de l’est et du sud-est. Le choix de cette couleur n’est pas anodin. Il provient de la botanique où le jaune évoque des fleurs malsaines et toxiques. Les couleurs comme le jaune, le noir sont des marqueurs sociaux qui n’ont de sens que par opposition à la norme dominante blanche. A la fin du 19ème siècle, la notion de ‘jaune’ est largement diffusée. C’est à ce moment-là que naît d’ailleurs l’expression « péril jaune » (1895).

Asiophobie (ou asiaphobie)

Terme qui désigne le racisme spécifique qui touche les personnes asiatiques et asiatiquetées, qu’elles soient françaises ou d’une autre nationalité.
Le mot ‘asiophobie’ semble plus approprié que le terme ‘sinophobie’ pour parler de ce racisme car la sinophobie renvoie davantage à de la xénophobie dirigée contre les Chinois.es. Terme équivalent au racisme anti-asiatique.

Xénophobie

Peur, haine et rejet des étrangers, à savoir des personnes qui n’ont pas la nationalité française. Il arrive que l’on emploie de manière inadéquate le terme de xénophobie pour évoquer le racisme à l’égard des personnes françaises perçues comme étrangères.

Yellowface

Expression anglophone qui renvoie au fait de déformer, de caricaturer l’apparence physique ou la culture supposée des personnes asiatiques et asiatiquetées. Cela peut aller d’une grimace en se tirant les yeux à des déguisements orientalisants. L’intention de nuire ou de se moquer n’est pas requise pour constituer un yellowface.
Cette expression fait écho au « barbouillage » ou « blackface » en anglais qui est une caricature des personnes noires tant au niveau de leur apparence que de leur culture supposée.

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